« Slacktivist », moi?

Constat du projet de réno à ce jour? Je suis une « slacktivist ».  Comme dans: activiste qui slacke.

Au départ, j’avais des ambitions vertes, n’est-ce pas. Récupérer des matériaux. Réutiliser certains éléments clé (des armoires ou une baignoire, par exemple). Dépenser (et donc consommer) le moins possible. Il y a quelques années, j’ai même écouté religieusement les séries du Rebut Global, à Télé-Québec, où de jeunes idéalistes construisaient des maisons entièrement à partir de matériaux récupérés. J’admirais leur débrouillardise, leur créativité. Résister au rouleau compresseur de la consommation à tout crin. Vivre plus simplement.  Départager les désirs des vrais besoins. C’était bien joli, tout ça.

Déclouage du plancher de bois franc

Mais sur le terrain, mes idéaux chancellent. Entre me fendre en quatre pour trouver une manière d’utiliser des matériaux recyclés et acheter simplement du neuf, force m’est d’admettre que je penche plus souvent pour le neuf. Au grand désespoir de mon amoureux. Le membre fondateur d’Équiterre en lui a bien du mal à comprendre que je fasse des wet dreams au sujet d’une nouvelle cuisinière au gaz, par exemple. Objectivement, je sais que la question est valide: pourquoi acheter du neuf quand l’usagé fonctionne encore parfaitement bien? Mais voilà, il y a des désirs qui échappent au domaine du rationnel – en vraie foodie, je zieute les photos de cuisines luxueuses comme d’autres se vautrent dans la porno.

Et soyons honnêtes. Réutiliser, récupérer, faire des choix verts, ça coûte fréquemment plus cher. Pas tellement en matériaux. Surtout en temps : imaginez déclouer et nettoyer 1000 pieds carrés de plancher de bois franc pour ensuite le réinstaller. Prenons encore l’exemple de nos fenêtres. Pour éviter une dépense importante – et pour ne pas jeter des fenêtres encore en très bon état – on s’est dit qu’on pourrait simplement les repeindre pour les agencer aux nouvelles portes qu’on a l’intention d’acheter. Mais encore fallait-il vérifier si c’était possible de peindre des fenêtres en aluminium. Faire des recherches, passer des coups de fil, et dénicher enfin Monsieur Revêtement (c’est son vrai nom – on attend la soumission). Après, il faudra comparer le prix des travaux de peinture au prix de tout remplacer par des fenêtres neuves: d’autres recherches. Et ensuite déterminer si c’est le genre de truc qu’on pourrait faire nous-mêmes (et y passer plusieurs week-ends).

Je comprends donc parfaitement que la plupart des gens ne s’encombrent pas de tout ce questionnement et optent automatiquement pour le neuf. Cela dit, j’ai culpabilisé au max aujourd’hui en lisant cet article au sujet du mouvement des tiny houses (mini-maisons) aux États-Unis. Un peu partout au pays, des gens choisissent de vivre dans des maisons minuscules (environ 10 pieds par 8 pieds), sans eau courante et avec des toilettes à compost. La simplicité volontaire, version extrême. Apparemment, l’espace restreint force au dépouillement et ça permet aux habitants de s’élever spirituellement.

Ouais. Pensez-vous qu’il y a de la place pour une cuisinière au gaz Thermador 36 pouces dans une tiny house?

Objet de désir

PS: Plus d’info sur les tiny houses ici et ici