Pour en finir avec le bonheur

En s’entraînant à être optimiste, on peut parvenir à un état profond de bonheur, nous disent les livres de croissance personnelle et les adeptes de la psychologie positive. Et si on se rendait malheureux à courir ainsi après le bonheur?

pour en finir avec le bonheur

Confidence: j’ai longtemps cru à l’adage selon lequel «le bonheur, c’est comme du sucre à la crème; quand on en veut, on s’en fait». Je me disais que, si je voulais être heureuse, je devais cultiver une attitude positive, arrêter de m’apitoyer sur mon sort, et prendre soin de moi en faisant du yoga et de la méditation.

Un brin perfectionniste, j’étais parvenue à me convaincre que si je suivais cette recette, j’accéderais à un état de plénitude durable. Et c’est vrai que m’astreindre à cette discipline m’a aidée. J’allais mieux. Les déprimespersistantes dont je souffrais au début de la vingtaine ont disparu, et mon estime de moi s’est bonifiée. Convaincue de détenir la formule gagnante, j’ai même sermonné des copines qui, me semblait-il, se plaignaient souvent d’être malheureuses sans faire d’effort pour améliorer leur sort. Mais, au bout de quelques années, ma recette géniale s’est retournée contre moi.

Ma liste d’insatisfactions s’est allongée tranquillement. Ma relation avec mon chum ne me semblait pas assez épanouissante, même si je demeurais très amoureuse de lui; mon boulot n’était pas assez stimulant, même si j’atteignais certains objectifs importants; mon humeur n’était pas assez égale, même si je m’évertuais à «penser positif»… Bref, je n’étais pas assez HEUREUSE à mon goût. J’étais déçue, comme une écolière qui n’a pas obtenu d’étoile dans son cahier. J’avais coché toutes les cases, j’avais colorié à l’intérieur des lignes: où était ma récompense? À trop chercher le bonheur, je ne remarquais plus que son absence.

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