Bourrelets de rénovation

Conséquence inattendue (et plutôt désagréable) de mon implication sur le chantier? Je mange comme un gars de la construction. C’est-à-dire mal. Et tous mes jeans, sauf les vieux pantalons sales que j’enfile pour aller peinturer/sabler/nettoyer, sont maintenant serrés.

Comme la cuisine de la nouvelle maison était inexistante jusqu’à la fin décembre et qu’elle tarde encore à être opérationnelle, impossible de s’y faire des bons petits lunchs santé. Vous me direz que je pourrais apporter une boîte à lunch, et je l’ai fait avec quelques reprises. J’ai aussi traîné d’innombrables bouteilles d’eau et des sacs de clémentines pour essayer d’incorporer un peu de vitamines dans notre diète. Mais quand je me lève à 6h30 ou 7h00 pour être sur le chantier de bonne heure, après avoir englouti un gros café et marché le chien, disons que je ne me sens pas trop inspirée pour concocter une boîte à lunch équilibrée.

Et puis je l’avoue. Après 4 heures à genoux à frotter des taches de coulis sur le plancher ou un avant-midi à me faire les bras avec le rouleau de peinture, ce n’est pas d’une salade au thon avec du pain germé que j’ai envie pour le lunch. Travailler physiquement donne plutôt envie de manger chaud, salé et gras. Un bon burger, une frite, et un Coke pour faire (mal) passer tout ça. Moi qui avait presque complètement éliminé la malbouffe de mon alimentation depuis des années, je n’ai jamais mangé autant de junk food de ma vie. Sans compter la tradition des cafés et petites douceurs, que l’on s’apporte mutuellement sur le chantier pour s’encourager.

Même si on voulait faire l’effort de mieux manger à l’extérieur, je constate avec effroi que le petit resto de quartier sans prétention qui nous recevrait (sales, poussiéreux, couverts de taches de plâtre, de peinture ou décorés de brin de scie) sans sourciller pour nous servir des plats maison équilibrés n’existe pas. La dizaine de casse-croûtes autour de la maison ont tous plus ou moins le même menu : burgers, hot dogs, pizza, sous-marins… quand l’item le plus santé sur la carte est le club sandwich, ça part mal. Le Québec a fait des progrès en matière de culture culinaire (tout le monde se réclame de la vague foodie), mais dans les faits, on dirait que beaucoup d’entre nous carburent encore aux steamés-patates. L’option la plus sage est d’aller manger un gros bol de soupe dans l’un des nombreux « Pho » du coin, mais on se lasse rapidement du bouillon et des nouilles.

Les repas qu’on prend le soir dans mon condo (où l’on vit pendant les travaux) ne sont guère mieux. Ni le temps, ni le goût de cuisiner dans cet appartement devenu complètement bordélique à force de se faire négliger. Aller au gym pour brûler les calories de trop ? Oubliez ça. Il y a des soirs où Patrick et moi sommes tellement fatigués que l’effort minimal requis pour se lever du sofa et se faire cuire des pâtes nous semble surhumain. Nos mamans respectives nous ont fait cadeau de petits plats cuisinés de temps à autre, et c’était comme des cadeaux du ciel.

Bref, je comprends pourquoi les hommes étaient heureux, jadis, quand ils rentraient des champs, fatigués et affamés, pour s’asseoir devant un bon repas cuisiné par leur épouse. La féministe en moi n’en revient pas de dire ça, mais ça nous prendrait une femme à la maison!

Entre-temps, je vais endurer la frustrations des jeans-qui-me-pètent-dessus, en me rappelant que c’est temporaire et que dans ma nouvelle cuisine (yaaaaaaaayyy), je pourrai bientôt retrouver le plaisir de cuisiner… santé.

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